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Le Collectif Çok malko vu par la presse ...

vendredi 11 mai 2012

LIBERATION - LE NOUVEL OBSERVATEUR - TRAD MAG - MONDOMIX - LA VOIX DU NORD ...

MONDOMIX

2011
Cette dizaine d’artistes soignent leurs moindres ornementations, qu’ils traversent la Grèce, la Turquie, les Balkans ou qu’ils crochètent par le jazz. Ces échantillons (trois titres par formation), pièces rares et exigeantes, délimitent un espace cohérent où les musiques progressent le long des chemins, de rencontre en rencontre.

LIBERATION - 2012

« Nous jouons une musique de voyou »
INTERVIEW Questions à Wassim Halal Percussionniste du groupe Paka Paka corporation

Kaki Fimi, premier album du groupe parisien Paka Paka Corporation, dessine une cartographie musicale inédite et passionnante, entre Orient et Balkans, marquée par l’empreinte du rébétiko, blues grec des bas-fonds. Une démarche que nous explique Wassim Halal, le percussionniste et porte-parole de la formation.

D’où vient le groupe ?
Le noyau dur s’est formé autour des musiciens qui jouaient de façon informelle dans un restaurant du quartier de la place de la République, à Paris, De l’autre côté. Nous répétons ensemble depuis deux ans.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Les traditions grecques et turques, les musiques de Thrace [nord-est de la Grèce et Bulgarie, ndlr], avec des détours par l’Irak, le Liban… Nous mélangeons des instruments de tous horizons - le bouzouki, la clarinette, etc. - et des sonorités plus originales : le santour [cithare iranienne] ou le violon à pavillon, équipé d’un cornet comme les vieux gramophones. Et en ce qui me concerne, toutes sortes de percussions arabes et balkaniques.

Une définition pour votre son ?

Un son brut, où l’émotion prime sur la technique. Nous jouons avec nos tripes. C’est nécessaire quand on aborde le rébétiko, une musique qui s’est développée en Grèce à partir des années 20, dans les ports, les maisons de passe et les fumeries de haschisch. Les musiciens étant persécutés, ils avaient adopté le baglama, un tout petit bouzouki qu’on pouvait glisser dans sa poche pour fuir quand la police se présentait. Une musique de voyou donc, et notre chanteur, d’origine crétoise, correspond parfaitement au profil.
F.X.G

LE NOUVEL OBSERVATEUR

par B.L

Après la chute de l’Empire ottoman, 1 million de Grecs d’Asie mineure se trouvèrent brusquement renvoyés dans le pays de leurs ancêtres. Dans les bouges du Pirée, ce grand port méditerranée, ils commencèrent à mêler leur musique avec celle des locaux. Résultat ? Le Rebetiko. Une histoire de mauvais garçons, qui dit toute la mélancolie de l’exil et de la violence de l’amour. C’est cet univers que ressuscite, enrichi d’apports balkaniques, ce disque sublime ou se croisent virtuoses grecs, français et libanais. Au chant, bouleversant, le Crétois Fanis Karoussos.
(Collectif çok malko / L’Autre distribution)

LA VOIX DU NORD

Entretien avec Bastien Charlery

La Fanfare P4 enfile de vieux uniformes réformés pour servir le culturel drapeau des Balkans

« Gamin, je m’étais juré que je ne jouerais jamais d’accordéon de ma vie. » Bastien ...

(Charlery pour l’état civil), toulousain de naissance, « monté à Lille par amour », a quand même fini par mettre des bretelles à son piano. Il a presque la trentaine, des airs de saltimbanque et toujours le sourire accroché au visage. « J’ai rencontré un accordéoniste bulgare à Toulouse », résumele musicien pour expliquer comment il s’est retrouvé en Bulgarie pour apprendre les bases de l’accordéon. Lui, qu’on croise parfois au sein du Bal d’Areski de la compagnie du Tire-Laine, s’éclate en ce moment au sein d’une autre formation : la Fanfare P4.

P4, comme « la fanfare des réformés », s’amuse Bastien, pas mécontent de collectivement détourner le concept de fanfare militaire.

L’aventure a commencé il y a quatre ans. La bande de copains, qui a compté jusqu’à onze musiciens (mais un seul réformé P4 au regard de l’appel sous les drapeaux), est aujourd’hui composée de Lillois, de Parisiens et de Toulousains. Ils ne sont plus que neuf, tous intermittents du spectacle, âgés de 24 à 35 ans : deux percussions, deux tubas, un saxo, une clarinette, une basse électrique, un accordéon et une danseuse. « C’est une fanfare qui ne ressemble pas aux autres fanfares », prévient Bastien. C’est un peu sommaire comme explication mais après ça devient plus clair.

Visuellement, la différence s’affiche. Sur scène, cette sympathique compagnie se présente en uniformes. Jusque-là rien de surprenant sauf que ceux-là ont été « piqués » dans les surplus de fanfares du Rajasthan. « Que des trucs rincés et dépareillés. La danseuse du groupe les a trouvés quand elle faisait des études de danse classique en Inde. » Imperfections et énergie

D’autres différences ? Oui. « Normalement, un accordéon ça n’a rien à faire dans une fanfare. » Les « P4 » lui ont trouvé une place de choix.

Leur univers ? « Il y a quelques compositions, sinon le reste est emprunté au répertoire des musiques populaires grecques, bulgares et turques. C’est quelque chose de plutôt festif. » Ils sont imprégnés de toutes les musiques des Balkans. « Pour beaucoup, la musique des Balkans, c’est forcément Goran Bregovic. On est là pour leur prouver le contraire. »
À tous ceux-là, comme à ceux qui collent encore l’adjectif ringard aux fanfares, les « P4 » adressent, au travers d’un album sorti au début de l’été, un message aussi festif qu’exotique : La Fanfare fait son Pazar, sorti le mois dernier. Du son mais pas seulement, puisque le CD s’accompagne d’un DVD, dont les images ont été captées lors d’un concert au Florida à Agen. « Il nous ressemble vraiment. Avec nos imperfections et notre énergie. »
Bastien est le premier à reconnaître que toute cette musique vit mieux sur scène qu’enfermée dans une pochette en plastique.
« Tout le monde a une autre vie artistique avec d’autres formations, mais on essaie, quand tout va bien, de faire une quarantaine de dates ensemble.


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